Publié par : franck gintrand | octobre 13, 2009

Les articles réactualisés récemment

L’image des hommes politiques de Barre à Obama : qu’il semble loin le temps où le pouvoir était avant tout une question d’estomac…

L’intelligence du livre contre l’intelligence du net : et si internet, la télé ou les jeux vidéo rendaient intelligents ?

Que reste-t-il de la culture française ? L’exemple de la littérature : même si Houellebecq se vend très bien à l’étranger, “Les particules élémentaires” sont loin d’égaler le succès mondial du “Petit Prince” ou de “Harry Potter”…

Publié par : franck gintrand | octobre 7, 2009

Art contemporain : ce qui ne passe décidément pas

En guise de préambule

En France, 2009 aura été une très bonne année pour l’art contemporain. Selon le magasine Forbes paru en juillet dernier, François Pinault est devenu le plus grand collectionneur d’art contemporain du monde. Après avoir dépassé l’anglais Saatchi en 2006, le milliardaire en rêvait. C’est désormais une réalité. Autre évènement : l’exposition du Français Xavier Veilhan dans les jardins et le château de Versailles. Après l’Américain Jeff Koons en 2008 et en attendant le Japonais Murakami pour 2010, Jean-Jacques Agaillon poursuit sa politique de promotion de l’art contemporain avec un succès indéniable. Quant à la FIAC, sa 36e édition a connu une fréquentation en hausse de 20% par rapport à 2008, malgré la crise économique et un prix d’entrée relativement élevé (28 euros). L’art contemporain serait-il en passe de devenir une passion française ? En fait, pas vraiment.

Un sondage réalisé par l’institut BVA en 2007 sur la côte d’amour des artistes les plus célèbres confirme le très faible intérêt des Français pour l‘histoire de la peinture et des arts plastiques du XXe siècle. Depuis les impressionnistes et Van Gogh, c’est même le grand vide. Une exception : Andy Warhol, plébiscité par 8% des personnes sondées. Un score de star si on le compare avec les 2% d’avis positifs recueillis par de grandes figures comme Marcel Duchamp, Jackson Pollock  ou Mark Rothko, sans parler d’artistes vivants comme  Soulages ou Boltanski

La côte d’amour des artistes d’hier et d’aujourd’hui serait-elle liée à leur notoriété ? Surement. Mais en partie seulement. Car l’institut ne s’est pas contenté de tester des noms. Il a également demandé à un échantillon représentatif de noter des oeuvres contemporaines. Et, la encore, le résultat n’est pas très encourageant. Sur 21 oeuvres, seules six ont séduit les personnes interrogées. Premier enseignement : l’abstraction (et le non figuratif) ne passe décidément pas. Mais des oeuvres figuratives comme celles de Maurizio Cattalan ou de Zhang Xiaogang, non plus. Deuxième enseignement : il n’existe pas une technique d’expression qui serait plus ou moins appréciée que les autres. Les toiles de Hyber et de Murakami sont bien notées. Les oeuvres en trois dimensions de Buren et Koons, également. Inversement, la photograhie, pourtant jugée plus facile d’accès, est loin de faire l’unanimité. Si une oeuvre de Sophie Calle fait un tabac avec 69% d’opinion positive, celle de Gilbert et George ainsi que celle de Gursky sont rejetées par 56% et 71% des personnes interrogées.

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Publié par : franck gintrand | septembre 21, 2009

L’image des femmes politiques de Veil à Royal

En guise de préambule

Selon un classement établi par la fondation Robert Schuman, le 16 octobre 2009, 25% des ministres des Etats membres de l’Union européenne sont des femmes. Très nettement au dessus de la moyenne : la Finlande et l’Espagne avec 60% et 53% de femmes ministres. A l’autre extrémité : l’Estonie, la Lituanie et la Hongrie. Quant à la France, elle affiche un résultat honorable en se situant légèrement en dessous de la moyenne avec 21% de femmes ministres. Et pourtant…

Valérie Pécresse le rappelle en titre de son premier livre : malgré l’instauration de la parité, “être une femme en politique… c’est pas si facile ! On ne demande bien entendu qu’à croire la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Ce n’est déjà pas facile d’être une femme, alors dans un milieu réputé aussi misogyne et sexiste que la politique, forcément… C’est en tout cas le discours que l’on tient depuis des années.

Et si cela n’était plus vrai ? Et si, au lieu d’être un handicap, le fait d’être une femme en politique était devenu une chance ?

Tout le monde le sait : en politique, comme dans bien d’autres domaines de la vie sociale, les femmes reviennent de loin. Non seulement le droit de vote ne leur est accordé qu’en 1944 mais, pendant longtemps, ce nouveau droit ne change pas grand chose : dans la France d’après-guerre les seules qui accèdent à des responsabilités sont des veuves ou épouses d’hommes politiques (1). Le changement est d’ailleurs à ce point marginal dans les partis et les syndicats qu’aucune figure féminine n’émerge en mai 68. Alors que Golda Meir devient ministre en 1951 et Margareth Thatcher porte parole de son parti à la chambre des communes en 1964, il faut attendre l’élection de Valérie Giscard d’Estaing en 1974 et une fronde féministe au sein du parti socialiste en 1978 pour que des femmes commencent à faire carrière sur leur nom. A droite, Simone Veil devient ministre de la Santé et ouvre la voie à une nouvelle génération composée notamment de Michèle Alliot Marie et Roselyne Bachelot. A gauche, Yvette Roudy (auteur d’un loi sur « l’égalité de l’homme et de la femme » votée en 1983) et Françoise Gaspard convertissent le PS à la cause des femmes. C’est la génération de Georgina Dufoix, Nicole Questiaux mais aussi d’Arlette Laguiller, bientôt suivie par une nouvelle génération de ministres, avec Elisabeth Guigou, Martine Aubry, Ségolène Royal ou Dominique Voynet…

L’ascension des femmes n’est pas continue. La première moitié des années 90 ressemble même plutôt un plateau. Deux épisodes vont notamment montrer les limites du changement : la nomination d’Edith Cresson à la tête du gouvernement en 1991 et les célèbres Juppettes de 1995. Avec Edith Cresson, une femme entre pour la première fois à Matignon. La violence des attaques est à la mesure de l’évènement. Chaque déclaration maladroite – parfois vulgaire - est relevée, commentée, critiquée. Qualifiée de “Pompadour” dans l’hémicycle de l’Assemblée, la légitimité de la première “première ministre”  – pourtant anciennement ministre, députée européenne et maire – est mise en cause dans les médias. Sa marionette dans le Bébête Show est surnommée “Amabotte”. Cherchant à cajoler son président, elle se fait régulièrement envoyer paître (“Toi, tu vas reboucher ton trou et fous-nous la paix !”), injurier (“Délabrée du bulbe”) et rabaisser par la marionette du président (“Je m’ennuie, alors la greluche, je la viole”). Nommée en mai 91, elle est remplacée seulement 11 mois plus tard par Pierre Beregovoy. 17 mai 1995 : Jacques Chirac et Alain Juppé veulent donner l’image d’une majorité ouverte à la cause des femmes. L’équipe gouvernemental est la plus féminine de la Ve république : quatre femmes sont nommées ministres et huit autres ont un poste de secrétaire d’Etat. Mais, là encore, le souffle du changement ne dure que quelques mois. Huit femmes sont congédiées dès le premier remaniement. A cela s’ajoutent les agressions verbales dont sont l’objet Dominique Voynet et Elisabeth Guigou (traitée de “putain” en 1992 puis surnommée “3615 Tonton”  deux ans plus tard). Entre la figure de la madone et celle de la catin, la voie n’est pas étroite : elle est alors tout simplement nulle.

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Publié par : franck gintrand | septembre 13, 2009

“No logo” 10 ans après

Publié par : franck gintrand | septembre 6, 2009

Comprendre la crise (ou en tout cas essayer)

En guise de préambule

D’après le FMI, l’économie mondiale devrait avoir connu sa pire année depuis la seconde guerre mondiale, avec un produit intérieur brut en recul (-1,1%). Les prévisions sont, en revanche, beaucoup plus optimistes pour 2010 avec une croissance générale de 3,1%. Mais cette bonne nouvelle ne concerne pas les pays de la zone euro : beaucoup bénéficieront d’un regain de croissance insuffisant pour résorber le chômage quand d’autres pays, comme l’Allemagne et l’Italie, friseront une croissance proche de zéro. Bref, en Europe, le bout du tunnel n’est pas pour demain.

Que faut-il retenir de la crise actuelle ? Une quinzaine de livres signés par d’éminents spécialistes de l’économie mondiale  font aujourd’hui le point. Voici ce qui en ressort.

1. Les plans de relance ne feront pas de miracle. Surtout en Europe.

Le plan américain apparaît plus sérieux que le plan européen, celui-ci étant de l’avis général victime de la faiblesse – pour ne pas dire de l’inexistence – politique de l’UE. Le numéro spécial d’Alternatives économiques est sans doute le plus direct dans son analyse : “les Etats européens se sont surtout mis d’accord pour mettre de côté les règles de surveillance mutuelle concernant les dettes, les déficits ou l’interdiction des aides d’Etat et chaque pays a élaboré sa stratégie dans son coin”. Pour Matthieu Pigasse et Gilles Finchelstein, la raison en est simple : “les instruments de la coordination sont limités : le budget de l’Union européenne est à peine supérieur à 1% du PIB européen”. Quant au plan français, sur les 26 milliards affichés, Alternatives précise que “11 milliards ne sont pas de la dépense supplémentaire mais simplement une dépense anticipée”. Pour Nicolas Crespelle, l’effet visé est surtout psychologique : rétablir la confiance des épargnants. Il serait illusoire d’en attendre plus. Question de timing. Alors que la crise appelle des solutions immédiates, la relance repose sur des projets qui, eux, ne débuteront que dans deux à quatre ans (une analyse partagée par Alternatives économiques). Pire : les plans pourraient même agraver la crise ! Ce serait selon Crespelle, mais aussi Matthieu Pigasse et Gilles Finchelstein, un scénario où l’argent public évince l’argent privé, un scénario qui ne peut être écarté “dans une période où les investisseurs cherchent la sécurité, prêter aux Etats est bien plus attrayant que de prêter à des entreprises”.

2. Pire que l’inflation : la déflation

Les avis sont partagés sur un possible retour de l’inflation. Pour certains experts, l’augmentation massive de la masse monétaire rend l’inflation inévitable. Jacques Attali prédit même un flambée “au moment où on s’y attendra le moins, par exemple au moment d’une hausse brutale des prix du pétrole”. Mais Nicolas Couderc et Olivia Montel-Dumont jugent ce scénario peu probable en période de récession. Selon eux, la baisse des matières premières est un phénomène durable qui dans le pire des cas plongera l’économie mondiale, non pas dans l’inflation, mais dans la déflation. Matthieu Pigasse et Gilles Finchelstein sont également de cet avis : “nous sommes aujourd’hui dans une situation prédéflationniste. Le prix des matières premières baisse. La demande intérieure s’affaiblit. L’inflation recule rapidement”. La position de Nicolas Crespelle est moins tranchée. Selon lui, l’inflation est inévitable si les Américains continuent de vivre à crédit pour rembourser leur plan de relance. Mais elle l’est beaucoup moins si Obama décide d’augmenter les impôts. Et même en cas de hausse de l’inflation, il faut peut être relativiser le risque. Pour Marc Touati, “il ne faut pas oublier que si une inflation à plus de 5% commence à devenir destructrice, une inflation autour de 3% n’a jamais tué personne. Bien au contraire, puisqu’elle permet aux entreprises de reconstituer leurs marges, mais aussi d’être plus à l’aise en matière d’emplois et de salaires. Parallèlement, si avec une inflation à 3%, ils sont plutôt enclins à anticiper ces dernières, d’où une consommation plus dynamique”. Jacques Attali partage cet avis : l’inflation peut avoir un aspect positif. Mais elle en avantagera certaines et risque d’en pénaliser d’autres. “Les vainqueurs seront ceux qui auront su s’endetter à taux fixe. Les perdants seront ceux qui ne se seront pas endettés ou qui se seront endettés à taux fixe”.

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En guise de préambule

Face à la lecture, les Français se divisent en trois populations à peu près égales : 30% ne lisent jamais, 34% ne lisent pas plus de 5 livres par an et 35% plus de 5 livres. Depuis 1981, date de la première étude réalisée sur le sujet par la Sofres, ce n’est pas tant le nombre de gens qui ne lisent pas que le nombre de ceux qui lisent peu qui a progressé (+10%). Le début de cette tendance date de la première moitié des années 90. La démocratisation d’internet, plus tardive, n’y est donc pas pour grand chose. Une enquête du ministère de la Culture réalisée en 2009 souligne d’aillleurs que “ce nouveau média apparaît plutôt lié à la culture de sortie dont sont porteurs les fractions jeunes et diplômées de la population, celles dont le mode de loisir est le plus tourné vers l’extérieur du domicile et dont la participation à la vie culturelle est la plus forte.”

Le débat sur l’impact des nouveaux médias ne date pas d’aujourd’hui mais remonte à l’apparition du roman, se poursuit avec la naissance du cinéma et l’essor de la bande dessinée avant que la télévision ne concentre à son tour la plupart des inquiétudes. Chacun se souvient des griefs adressés au petit écran. Baisse de la lecture, diminution des capacités de concentration, recul dramatique de la culture générale mais aussi montée de la violence, pertes de repères, baisse de la communication au sein de la cellule familiale : ces effets supposés sur l’intellect des enfants et des adolescents sont aujourd’hui au cœur des inquiétudes suscitées par l’usage abusif d’internet et des jeux vidéo.

Après la publication en 2007 d’un livre anglais sur “Le culte de l’amateur. Comment internet détruit notre culture”,  un livre américain en met une seconde couche. Son titre : “Is Google Making us Stoopid ?” La presse écrite (sans doute trop contente de relativiser le pouvoir du net) n’est pas en reste. Durant l’été 2008, une revue américaine, “The Atlantic” et le magazine allemand “Der Spiegel” ont faire leur une sur les relations compliquées entre internet et l’intelligence, suivis en 2009 par le magazine français “Books”.

Forts de cette imposante littérature, nous disposons maintenant d’un corpus quasi-exhaustif des travers prêtés aux nouvelles technologies. On y trouve pèle mêle : l’affaiblissement des facultés d’attention et d’analyse, la fragmentation de la pensée et le nivellement du savoir, le triomphe du copier collé sur l’argumentation, le développement d’une pensée plus réactive que proactive, un refus de la réalité qui frise parfois un caractère pathologique, le culte de l’urgence au détriment de la réflexion… Ce constat  a souvent les apparences du bon sens. Il est d’ailleurs partagé par de nombreux experts même si certains s’attachent à ne pas paraître rétrogrades en défendant l’idée d’un nouvel affrontement entre culture populaire et culture élitiste. En somme rien de très neuf. Rien en tout cas qui n’ait déjà été dit par des intellectuels inquiets de la remise en cause d’un certain modèle culturel.   Et bien entendu aucune étude scientifique sérieuse…

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Publié par : franck gintrand | avril 29, 2009

Vrai ou faux : et si le débat n’avait aucune importance ?

Article paru dans le Journal du Net sous le titre : “Le syndrome inversé de la fille du RER D”

En guise de préambule

Face aux tentatives de manipulations dont les médias sont l’objet, la défiance doit être une règle et la question du “pourquoi” un réflexe salutaire. Soit l’exact inverse de la réaction suscitée par la fameuse affaire de la fille du RER D… Car, dans une société de communication, l’information et la vérité importent peu. Seul le message et l’objectif comptent.

La scène se passe la nuit dans un bus de la RATP. Un jeune d’environ 25 ans avec une écharpe burberry est soudain pris à parti par des jeunes de banlieue. L’un d’eux lui pique son portefeuille. Protestation. Tentative de récupération. Résultat : le jeune ne n’arrive pas à reprendre pas son bien mais s’en prend une direct, avant d’être roué de coups par la petite bande. Quelques personnes tentent de s’interposer et sont également frappées. Le chauffeur, tétanisé comme la plupart des passagers, reste assis. Début avril, la vidéo filmée par la caméra de sécurité du bus est consultable sur YouTube et DailyMotion ainsi que sur plusieurs blogs d’extrême droite.

Alors que la presse commence à s’intéresser à l’affaire, “Meilcour”, le blog de Nicolas Vanbremeersch plus connu sous le pseudo de Versac, penche clairement pour l’hypothèse du fake, c’est-à-dire pour un trucage : « Face à l’intention clairement établie (d’exacerbation de sentiments, d’excitation collective), il me semble essentiel de questionner la véracité du matériau original : est-ce un fait réel ? Est-ce un montage ? Je n’ai évidemment pas la réponse à cette question, mais je note un montage explicite (sic) ». Tel n’est pas l’avis d’un autre internaute qui écrit sur son blog, “Abstrait Concret” : « il est assez difficile de croire au fake. Tout d’abord, pour des raisons éthiques propres à la régie des transports parisiennes, on imagine assez mal les dirigeants de la RATP prêter un de leurs  bus (…) Mais la raison principale laissant penser que la vidéo est authentique tient au fait qu’elle n’a non pas été postée ces derniers jours comme auraient tellement aimé le croire certains blogueurs pro-fake complètement rongés par des années de com, mais il y a environ quatre mois. » 

Le débat est tranché avec l’authentification de la vidéo par la préfecture de police. Il n’y a pas eu de fake. Mais il y aurait pu. Personne ne se plaindra que des blogueurs veuillent identifier et stopper les faux scoops dès leur apparition. Versac s’est interrogé sur l’authenticité de la vidéo et, même s’il l’a maladroitement fait en penchant d’emblée pour l’hypothèse du fake, il a eu raison. La question méritait d’être posée.  La réponse n’avait rien d’évident. Le débat devait avoir lieu. La presse a usé de précautions oratoires dont elle n’aurait peut être pas fait usage sans cela.

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Publié par : franck gintrand | mars 29, 2009

Les femmes sont-elles des hommes comme les autres ?

Avant de devenir une affaire médiatique et politique, la chanson d’Orelsan « Sale p*** »  est l’histoire d’une déception amoureuse. Un jeune découvre que sa copine le trompe et lui envoie un mail rageur. Rien d’extraordinaire. Sinon que le texte est violent. Très violent même : “Putain j avais envie de vous tue j était choque j croyait que tu était différente des autre pétasse (…)  j veut que tu crevé lentement j veut qu tombe enceinte et qu tu perde l enfant (…) On verra comment tu fais la belle avec une jambe casser. On verra comment tu s*** quand j te boiterais la mâchoire. Tes juste une truie tu mérite ta place a l abattoir (…)” Exclusivement diffusés sur le net, la chanson et le clip ne suscitent aucune réaction de 2007 à 2009.

La condamnation de la chanson intervient deux ans après sa publication mais elle est rapide et unanime.  Le 18 mars dernier, le blog d’une créatrice, par ailleurs féministe, http://kokolat.canalblog.com/, découvre son existence. Jugeant les paroles scandaleuses, la créatrice envoie un mail au Printemps de Bourges pour demander la déprogrammation de l’artiste qui vient de lancer un premier album au titre prémonitoire, “Perdu d’avance ”. Elle invite ses lecteurs à réclamer aussi le boycott du chanteur. Le 26 mars, un communiqué de « Ni putes, ni soumises » demande à Orelsan de présenter des excuses publiques et au Printemps de Bourges de déprogrammer le chanteur. Le lendemain même, cet appel est soutenu par Gaëlle Lenfant, secrétaire nationale adjointe du PS aux droits des femmes. De son côté, Marie-George Buffet, secrétaire national du PC, souhaite que la chanson ne soit pas inscrite au programme du festival. Mais Valérie Létard,  secrétaire d’Etat en charge de la solidarité, va plus loin. Avec le soutien de  Christine Albanel, ministre de la Culture, elle appelle les dirigeants des sites de vidéo en ligne à retirer le clip de la chanson et assure de son soutien “les associations qui souhaitent se constituer partie civile et porter plainte contre le rapeur”.

“Sale P***” n’est pas un exemple isolé. Le rap, a fortiori dans sa version “gangsta”, est connu pour la violence de ses paroles. Dans “Kim”, Eminem menace de tuer sa femme : «You were supposed to love me, now bleed bitch bleed.»Dans «Kill You», il annonce qu’il exterminera ces « vile, venomous, vomital bitches. Shut up, slut, you’re causing too much chaos». Mais Eminem n’est pas le seul rapeur à chanter la haine et le mépris des femmes. D’autres chanteurs en font autant, comme Marilyn Manson, Snoop Dog, Fifty ou encore NTM.

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Publié par : franck gintrand | mars 24, 2009

Livres à lire et à offrir (3): sur la vie d’aujourd’hui

Pour les pères de famille largués par leur femme (ou en passe de l’être), “Des vents contraires” d’Olivier Adam. Pour en savoir plus : deux critiques sur http://www.femmeactuelle.fr/loisirs/livres/club-des-lectrices/des-vents-contraires-olivier-adam-01848 et http://blogclarabel.canalblog.com/archives/2009/01/08/12011542.html

Pour les hommes et les femmes qui ignorent comment quitter avec plus de classe que ne l’a fait l’ex de Sophie Calle (dans “Prenez soin de vous”), “Comment lui dire adieu” de Cécile Slanka. Pour en savoir plus : le blog de l’auteur http://www.commentluidireadieu.com/

Pour les hommes tentés de retrouver les joies du célibat (et du sexe), “Un petit pas pour l’homme” de Stéphane Dompierre. De l’avis général, un petit livre, mais un livre ”sympathique” et un auteur prometteur. Pour en savoir plus : l’avis des lecteurs sur http://www.radio-canada.ca/radio/indicatifpresent/combat2006/unPetitPas.shtml

Pour les enseignants menacés par la crise de la cinquantaine et qui  ne se sentent pas à l’abri d’une histoire avec une élève, “Les premiers amours” de Sandor Marai, un des plus grands écrivains hongrois. Pour en savoir plus : une critique du blog des mardis hongrois de Paris http://mardishongrois.blogspot.com/2008/11/le-premier-amour-de-sndor-mrai.html et, moins littéraire mais également intéressant, un débat entre jeunes sur les relations amoureuses prof/élève http://www.momes.net/forum/relationsprofeleve.html

Pour les futur(e)s opéré(e)s qui s’interrogent tout d’un coup sur les grands mandarins et angoissent à l’idée d’une possible erreur médicale, les confidences d’un chirurgien dans “Evariste et les chirurgiens. Carnets de bloc” de Dominique Sassoon.

Pour ceux qui sont inquiets de vieillir, “Histoire de l’oubli”, autour de la maladie d’Alzheimer, de Stephan Merrill Block et “La maison de Roza” sur la vie d’une maison de retraite à deux vitesses, de Hubert Klimiko. Pour en savoir plus sur ces deux ouvrages : http://www.psychologies.com/livres.cfm/livre/5255/Histoire-de-l-oubli.htm et http://www.passiondulivre.com/livre-64243-la-maison-de-roza.htm

Et pour tous ceux qui se sentent concernés par l’ambivalence de l’amour familial, un livre salué par la critique, “Enterrez-moi sous le carrelage” de Pavel Sanaïev. Pour en savoir plus : une critique sur http://www.centrenationaldulivre.fr/?Enterrez-moi-sous-le-carrelage

Autres livres à lire et à offrir : http://latribunelibredefranckgintrand.wordpress.com/2009/03/15/livres-a-lire-et-a-offrir-pour-sevader/ et http://latribunelibredefranckgintrand.wordpress.com/2009/03/15/livres-a-lire-et-a-offrir-pour-les-fans-de/

Publié par : franck gintrand | mars 19, 2009

Contre la Warholmania

“Le grand monde d’Andy Warhol” présente, au travers d’une sélection de deux cent cinquante œuvres, un “aspect méconnu du travail du peintre que sont ses portraits de commande”. 

Comme on pouvait s’y attendre, le climat ambiant frise la dévotion, l’intégrisme et le recueillement. Un exemple parmi d’autres de cette warholmania : le dernier numéro des Inrockuptibles. Daft Punk, Julien Doré, Gus Van Sant, Olivier Assayas mais aussi Thierry Ardisson ou Castelbajac y proclament leur admiration sans borne pour le caractère visionnaire de l’artiste, le trophée de la bigoterie – à moins que ce ne soit celui de la mégalomanie et du ridicule - revenant au chanteur Christophe (devenu un intello depuis qu’il parle au lieu de chanter). Pour lui, c’est bien simple, “Warhol c’est comme moi, c’est la même chose”. Et comme toute religion se doit d’avoir son grand prêtre, David Bowie se prête volontiers au jeu en disant tout haut ce que tout le monde doit dire tout haut : “j’adorais son travail, il était déjà très important, c’est même devenu une obligation de l’admirer aujourd’hui”.

Dans les Inroks, quelques (rares) esprits critiques font de la résistance. Mais sans conviction. Le dessinateur Loustal avoue que “ça n’a jamais été un choc visuel”. Brigitte Fontaine ne s’embarasse pas de circonvolutions : ”Warhol ne représente rien pour moi aujourd’hui”. Fidèle à lui-même, le chanteur Catherine déclare : “ce que je préfère dans Warhol, c’est sa perruque”. Quant au climat de dévotion qui entoure aujourd’hui Warhol, Bastien Vivès, un jeune auteur de BD primé à Angoulème, explique à quel point l’adhésion sans réserve à la warohlmania peut être une question de survie dans certains milieux : “je suis entré à l’école d’art et toutes les filles étaient à fond sur Warhol…Donc il a bien fallu dire que je trouvais ça ‘hyper fort et intéressant surtout pour l’époque’ “. 

Serait-il devenu impossible de critiquer Warhol ? Heureusement, non. Si vous en avez assez du discours lénifiant sur le roi du pop art, il faut impérativement lire “Andy Warhol n’est pas un grand artiste”, un essai d’Hector Obalk, paru en 1990, l’année même de la grande rétrospective consacrée à l’artiste par le centre Pompidou. En dépit des affirmations d’Obalk, le titre se veut évidemment provocant. Mais, après tout, l’art contemporain en a vu d’autres. Sinon que l’explication avancée par le critique d’art fait mal. Sa thèse ? Les peintures de Warhol doivent beaucoup plus à la qualité des sujets et au choix de la technique qu’à une démarche créative originale.

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