Dimension littéraire de l’oeuvre
Agatha Christie est-elle un auteur à part entière ? Peut-on lire ses romans une première fois pour les découvrir, une seconde pour juger rétrospectivement de leur cohérence et, enfin, une troisième pour apprécier leur valeur littéraire ? Cette troisième lecture est-elle convaincante ? Est-elle même souhaitable ? Nous nous sommes attelés à la tâche en relisant les romans les plus célèbres de la reine du crime.
Pour apprécier la qualité générale de ces romans, nous les avons passé systématiquement au crible de plusieurs critères. La complexité de l’énigme et le caractère surprenant du dénouement déterminent la moitié de la note (10/20), les livres d’Agatha Christie se voulant d’abord des romans policiers. A ces deux premiers critères, nous en avons ajouté trois, plus “littéraires” : l’originalité du sujet (3/10), l’intérêt des personnages (3/10) et la qualité de la narration (4/10). Résultat : la “troisième lecture” bouleverse inévitablement le classement effectués par des spécialistes, comme François Rivière et John Curran…
Cet article est en cours de rédaction : les chapitres terminés sont précédés d’une ou plusieurs *
Quand les très grands classiques ne sont pas toujours les meilleurs
De façon plus ou moins convergente, ces 7 sept livres se placent en tête des romans préférés des spécialistes de l’oeuvre d’Agtha Christie : Dix petits nègres (1939); Cinq petits cochons (1942); La plume empoisonnée (1943); L’Heure zéro (1944);Témoin indésirable (1958); Le Cheval pâle (1961); La Nuit qui ne finit pas (1967)
** Le meurtre de Roger Ackroyd (1926) : au coeur de ce livre, une idée de génie
Résumé : Mr Ferrars est mort voici un an. Sa femme, Mrs Ferrars est décédée hier. Quant à Mr Ackroyd, il vient tout juste d’être assassiné. Or Mrs Ferrars et Mr Ackroyd semblaient très proches, surtout depuis la mort du mari de Mrs Ferrars. De là à penser que ces trois décès sont liés, il n’y a forcément qu’un pas. Mais s’agit-il de suicides ou de meurtres ? De suicides et de meurtres ? Ou simplement de meurtres ?
Ce qu’il faut savoir sur le livre : Considéré par beaucoup de lecteurs comme le meilleur de tous les Agatha Christie. L’astuce narrative a été reprise par Iain Pears dans « Le cercle de la croix » et par Umberto Eco dans « Le nom de la rose ».
L’avis des spécialistes : “Agatha est en possession de tous ses moyens et aux commandes d’une intrigue soigneusement ourdie, dont Lord Mountbatten revendiquera plus tard la paternité !” (François Rivière)
Notre avis
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Originalité du sujet : l’adultère, le chantage et le meurtre sont au coeur de ce grand classique. Rien d’incohérent. Rien de très original non plus. Note : 1/3
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Complexité de l’énigme : très vite, la nature des deux décès semble établie. En revanche, le lien entre les deux reste jusqu’à la fin un sujet d’interrogation. Note : 2/5
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Caractère étonnant du dénouement : époustouflant. Note : 5/5
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Intérêt des personnages : la personnalité du Dr Shepard et celle de sa soeur Caroline sont dépeints avec subtilité et sans complaisance. Comme d’habitude, Hercule Poirot n’est lui-même pas épargné par sa créatrice. Note : 2/3
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Qualité de l’histoire : la résolution de l’énigme guide l’ensemble de la narration. Un bon roman policier mais sans qualité littéraire particulière sinon deux dialogues très drôles entre le Dr Shepard et sa soeur en ouverture et une mémorable partie de mah-jong. Voir extrait ci-dessous. Note : 2/4
Appréciation générale : Ce livre supporte mal la troisième lecture mais l’analyse très surprenante qu’en fait Pierre Bayard (voir ci-dessous) ne peut qu’inciter à franchir le pas.
Note générale : 12/20
L’extrait : (lors d’une partie de mah-jong, la soeur du Dr Shepard et miss Ganett échangent les derniers potins) “- J’ai apperçu Flora Ackroyd, ce matin, dit-elle tout à coup. Pong, non pas-Pong. Je me suis trompée. – Et où cela ? demanda Caroline. Quatre cercles. – En revanche, déclara miss Gannett sur ce ton hautement significatif dont les petits villages ont l’exclusivité, elle ne m’a pas vue. – Ah ! fit Caroline intéressée, Tcho. Miss Gannett en oublia son sujet pour l’instant. – Je crois qu’on ne prononce plus “Tcho”, maintenant, mais “Tchao”. – Sornettes ! J’ai toujours dit “Tcho”. – Au club de Sahngai, trancha le colonel Carter, nous disions toujours “Tcho”.”
Citations : Sur les Ecossais : “Ces messieurs vont souvent par paire, et je les soupçonne d’avoir une lointaine ascendance sémitique.” – Sur les domestiques : “Elle est… bizarre. différentes des autres domestiques et, à mon avis, trop bien élevée. De nos jours, on ne sait plus distinguer une dame de sa femme de chambre.”
Lecture complémentaire : Et si Hercule Poirot s’était trompé ? Et si le meurtrier n’était pas celui qu’il pensait ? Pierre Bayard se propose de remettre en cause les conclusions du célèbre détective dans Qui a tué Roger Acroyd ? Marc Escola de l’université de Paris-Sorbonne en fait ici une analyse aussi brillante que l’ouvrage.
Dix petits nègres (1939) :

Résumé : L’ile du nègre… Ils sont huit à y être invités. Leur hôte mystérieux, un certain A. N. Onyme, n’est pas présent lors de leur arrivée. Ils s’en remettent donc au couple de domestique qui n’en savent pas plus qu’eux, sinon que leur employeur a été retardé et que des vivres leurs ont été livrés. Mais très vite la réception tourne à une succession de crime…
L’avis des spécialistes : “La plus grande prouesse technique d’Agatha Christie” (John Curran) – “Un des sommets du roman de mystère, toutes catégories confondues. Agatha Christie renoue avec la grande tradition “insulaire” du récit d’aventure anglais – illustrée notamment par Ballantyne et R.L. Stevenson – qu’elle adapte ingénieusement au roman policier.” (François Rivière)
Extrait : “Dix petits Nègres s’en furent dîner, L’un d’eux but à s’en étrangler – n’en resta plus que neuf. Neuf petits nègre se couchèrent à minuit, L’un d’eux à jamais s’endormit – n’en resta plus que huit. Huit petits nègres dans le Devon était allés, L’un d’eux voulu y demeurer – n’en resta plus que sept. Sept petits nègres coupèrent du petit bois, En deux se coupa l’un deux ma foi – n’en resta plus que six. Six petits nègres révassaient au rucher, Une abeille l’un d’eux a piqué – n’en resta plus que cinq…”
Ce qu’il faut savoir sur le livre : Avec plus de 100 millions d’exemplaires, ce livre est le roman policier le plus vendu au monde et le septième livre tous genres confondus.
Cinq petits cochons (1942) :

Résumé : Carla Lemarchant en est convaincue : sa mère n’a pas tué son père. Les apparences étaient contre elle et lui ont valu d’être condamnée. Mais peu avant sa mort, elle a transmis une lettre à Carla dans laquelle elle réaffirme son innocence. Carla veut savoir. Elle charge Hercule d’enquêter dans le passé…
L’avis des critiques : “Le sommet de la carrière d’Agatha Christie : c’est sa plus parfaite combinaison de roman “littéraire” et de roman policier” (John Curran) – “Livre à l’intrigue savante et superbement développée. La psychologie des personnages y est très fouillée (…)” (François Rivière)
Ce qu’il faut savoir sur le livre : Avec Une mémoire d’éléphant, Cinq Petits Cochons est l’un des seuls romans d’Agatha Christie dont le meurtre s’est passé plus de dix ans avant l’époque du récit.
*** La Nuit qui ne finit pas (1967) : un roman assez peu policier mais très noir et très beau
Résumé : Michael tombe sous le charme d’un vieux manoir et d’une jeune fille de très bonne famille. Le bonheur semble parfait. Mais bien vite, les malédictions jetées par une vieille bohémienne et les regards sévères des entourages mettent les nerfs et les sentiments du jeune couple à rude épreuve. Jusqu’à ce que l’impensable se produise…
L’avis des spécialistes : “La Nuit qui ne finit pas est l’ultime triomphe d’Agatha Christie” (John Curran) – “Ce roman ne ressemble à aucune autre fiction d’Agtha Christie” (François Rivière)
Ce qu’il faut savoir sur le livre : L’histoire du jeune Michael Rogers a été comparé par la critique au roman d’Henry James Les Ailes de la colombe.
Ce qu’en a dit Agatha Christie : “C’est assez différent de ce que j’ai fait précédemment – plus sérieux. En fait, il s’agit d’une tragédie.”
Notre avis
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Originalité du sujet : Un conte qui vire au cauchemar c’est toujours intéressant, non ? Note : 2/3
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Complexité de l’énigme : L’ambiance surnaturelle entretient jusqu’au bout la perplexité du lecteur mais, vu la particularité de l’histoire, on ne peut pas à proprement parler d’énigme. Note : 2/5
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Caractère étonnant du dénouement : aussi époustouflant que celui du Meurtre de Roger Accroyd. C’est dire. Note : 5/5
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Intérêt des personnages : De très beaux protraits de deux jeunes que tout oppose et que tout semble vouloir séparer. Note : 2/3
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Qualité de l’histoire : Sans se perdre dans des détails inutiles, la narration dépeint aussi bien la passion d’un homme pour une maison que les relations mère-fils ou les différences de classe, ce thème si cher aux Anglais. Note : 3/4
Appréciation générale : Un très beau livre. Cruel et immoral (malgré la fin). Se lit une troisième fois avec plaisir.
Note générale : 14/20
Extrait : “Les péripéties de la vie désignées par ces grands mots : amour, sexualité, vie, mort, haine… ne sont en fait pas du tout celles qui gouvernent l’existence. C’est une quantité d’autres corvées procédurières et dégradantes. Des choses qu’il vous faut endurer, des choses auxquelles vous ne pensez pas jusqu’à ce que vous y soyez confronté. Les entrepreneurs de pompes funèbres, les dispositions pour les obsèques, l’enquête. Et les domestiques qui font irruption partout pour baisser les stores. Pourquoi les stores devraient-ils être baissés sous prétexte qu’Ellie est morte ? Et toutes les stupidités !”
Citations : Sur les hommes d’un certain âge : “Ou bien ils sont mariés à des blondes aux jambes interminables qui les trompent du matin au soir avec des godelureaux, ou alors ils sont affublés de créatures hideuses et geignardes, qui ne cessent de leur répéter leurs quatre vérités.” – sur les Ecossais : “Signe de mort ? répétai-je. C’est encore une de ces vieilles croyances écossaises ça, non ?” – Sur les mères : “Toutes les mères (…) savent tout de leur fils. Et je crois que tous les fils sont génés par rapport à ça.” – sur la maison idéale : “Il n’y a pas que la batisse qui compte, voyez-vous. Il lui faut aussi un cadre. C’est tout aussi important (…) Elle est simple et très moderne, me semble-t-il, mais ne manque pas d’élégance et elle est lumineuse. Et quand on est à l’intérieur et qu’on regarde dehors, on voit le paysage… eh bien… autrement qu’on ne le voyait auparavant.”
* La plume empoisonnée (1943) : un sujet intéressant – la rumeur - mais sous-exploité
Résumé : Le notaire, le médecin, la femme du pasteur : tout le monde y passe, y compris Jerry, un jeune citadin venu achever sa convalescence après un grave accident. La calomnie fait son oeuvre, le doute s’insinue, même si les accusations portées par le corbeau semblent extravagantes. Mais lorsque Mrs Symmington se suicide après avoir reçu une lettre particulièrement odieuse, on est contraint de se dire que l’anonyme, pour mal renseigné qu’il fût, a dû cette fois-ci toucher juste.
L’avis des spécialistes : “On trouve dans La Plume empoisonnée le détournement le plus insolite de tous les livres de Christie. Nous apprenons qui est l’assassin avant même l’explication de miss Marple !” (John Curran) – “La jeune Megan Hunter y est impressionnante de vérité, et l’âme romantique d’Agtaha trouve dans cette histoire une belle occasion de s’épancher.” (François Rivière)
Notre avis
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Originalité du sujet : La rumeur qui constitue le fil directeur de ce livre est un beau sujet. Note : 2/3
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Complexité de l’énigme : On s’y perd. On a parfois le sentiment qu’Agatha Christie, aussi. Note : 1/5
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Caractère étonnant du dénouement : Incontestablement réussi. Note : 4/5
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Intérêt des personnages : seul le personnage de Megan Hunter est suffisamment complexe pour qu’on sy intéresse vraiment. Note : 1,5/3
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Qualité de l’histoire : Comment les potins peuvent-ils finir par empoisonner toutes les relations dans un petit village ? Cela aurait pu constituer une magnifique histoire. Malheureusement, le livre reste à la surface des choses. Note : 1/4
Appréciation générale : Agatha Christie passe à côté de son sujet. Une troisième lecture se justifie difficilement.
Note générale : 9,5/20
Extrait: “[Eleanor Fane] La seule [femme de pasteur] dont je [Jeremy Burton] me souvienne était une créature tranquille, qui n’offrait rien de remarquable et qui vivait dans l’adoration d’un époux solide, dont la parole, quand il prêchait, avait quelque chose de magnétique. Quant à elle, elle parlait si peu que c’était un véritable problème de soutenir une conversation avec elle.”
Citations : Sur les villages : “Mais qu’est-ce que ce patelin ? Sous ses faux airs de paradis terrestre, le venin y suinte de partout !” – “A couler ses jours dans un village, on en apprend beaucoup sur la nature humaine.” – sur les homosexuels : “- Graves a parlé d’une vieille fille d’âge mûr. – Eh bien, est-ce que Mr Pye n’est pas une vieille fille d’âge mûr ? – Un inadapté, dis-je doucement.” – sur les Ecossais : “Les tâches de rousseur font tellement bouseux, tellement écossais.” – sur les juifs : “Mary Grey s’opposait avec fermeté au choix d’une juive rebondie qui avait jeté son dévolu sur une robe du soir moulante bleu pastel.” – sur Shakespeare : “Shakepeare m’a toujours assomé avec ces scènes interminables où tout le monde est fin soûl et qui sont censées être hilarantes.”
L’Heure zéro (1944) :

Résumé : C’est une drôle de réunion qui se déroule à la « Pointe aux mouettes ». En effet, sont réunis entre autres, Neville Strange, sa femme actuelle Kay et son ex-femme Audrey, qui se retrouvent pour la première fois depuis le divorce. L’ambiance est électrique, la tension monte et inévitablement, culmine lors de l’assassinat de leur hôtesse.
L’avis des spécialistes : “L’Heure zéro est du superbe Christie. L’intrigue fait penser à ces poupées russes emboîtées les unes dans les autres. On présente au lecteur une solution, à l’intérieur de laquelle il y en a une autre, et encore une autre derrière. La présentation du mobile et des indices est magistrale…” (John Curran) – “Agatha Christie se révèle la digne consoeur du Francis Iles de Préméditation.” (François Rivière)
Pourquoi ce titre : “L’histoire d’un meurtre débute des années plus tôt avec mille et une causes… Tout converge vers l’Heure Zéro.”
Première phrase : “Le groupe réuni auprès du feu ne comprenait guère que des magistrats et des hommes de loi.”
Témoin indésirable (1958) :
Résumé: Alors qu’il purge sa peine pour le meurtre de sa mère, meurtre qu’il nie en bloc, Jacko Argyle décède en prison. Deux ans après cet évènement, le témoin qui aurait du lui servir d’alibi apparaît soudainement et veut prouver son innocence. La famille du détenu doit alors faire face à la suspicion, une suspicion qui se pose sur chacun d’eux, et au fait que le vrai meurtrier est encore parmi eux.
L’avis des spécialistes : “Témoin indésirable reste l’un des meilleurs Christie de l’époque tardive. C’est un roman criminel, par opposition au roman d’énigme classique, où s’expriment de profondes convictions sur la vérité et la justice, sur la culpabilité et l’innocence.” (John Curran) – “Un des livres favoris de l’auteur (…) Le récit est mené de main de maître (…)” (François Rivière)
Extrait : “Rendez service à quelqu’un; votre geste spontané vous vaudra une certaine satisfaction, en tant que donateur, et vous éprouverez une vive sympathie à l’égard de l’obligé. En revanche, êtes-vous certain que celui-ci demeurera bien disposé à votre égard ? Vous aimera-t-il vraiment ? Il le devrait … mais en sera-t-il ainsi ?”
Le Cheval pâle (1961) :
Résumé: Dans un bistrot de Chelsea, “Le cheval pâle”, l’écrivain Mark Easterbrook surprend deux jeunes filles en train de se crêper le chignon. L’une d’elles, « pleine de fric » paraît-il, s’appelle Thomisa Tuckerton. A quelque temps de là, Mark Easterbrook tombe sur un entrefilet : Thomisa Tuckerton est décédée, à l’âge de vingt ans. Peu après, le père Gorman, qui venait de recueillir la confession d’une vieille dame, se fait assassiner. On retrouve sur lui une liste de noms, parmi lesquels celui de Mrs Tuckerton. Les autres sont ceux de personnes mortes de mort « naturelle ». Cela conduit Mark Easterbrook au Cheval pâle où trois sorcières s’adonnent au spiritisme et terrorisent leur entourage. Mais ce n’est pas le maléfice qui tue…
L’avis des spécialistes : “[Le Cheval pâle], l’un des plus marquants des qui quinze dernières années de la carrière d’Agatha Christie, offre une intrigue horriblement plausible, un poison très inhabituel et une atmosphère authentiquement menaçante qui plane sur l’habituelle énigme policière.” (John Curran) “Ce roman restera comme un des plus réussis et des plus surprenants de la Reine du crime.” (François Rivière)
L’avis des lecteurs : ”L’histoire est très pauvre ainsi que les personnages, tous plus insignifiants les uns que les autres. Heureusement qu’il y a ces dernières pages qui nous font oublier un roman somme toute assez moyen.” (Jimmy Morneau)
Extrait: “Il faisait assez sombre dans la bistrot [Chez Luigi] et je [Mark Easterbrook] n’y voyais pas très bien. La clientèle était composée surtout de jeunes gens. Ils faisaient partie, supposai-je vaguement de ce qu’on appelait la génération “en colère”. Les filles avaient l’air de ce dont elles ont toujours l’air pour moi par les temps qui courent, c’est-à-dire crasseuses. Elles me paraissaient aussi trop chaudement vêtues. Je l’avais déjà remarqué quelques semaines auparavant, lorsque j’étais sorti dîner avec des amis. La fille qui était assise à côté de moi devait avoir une vingtaine d’années. Il faisait chaud dans le restaurant, mais elle portait un pull-over de laine jaune, une jupe noire et des chaussettes de laines noires, et la sueur lui avait coulé sur la figure tout le long du repas. Elle sentait la laine imbibée de transpiration et aussi, très fort, les cheveux sales.”
Quand les bons sont parfois très bons (mais pas toujours)
Mort sur le Nil (1937)
Résumé : à bord du vapeur S.S. Karnak, Linnet est retrouvée assassinée. Les deux suspects les plus probables sont pourtant les deux seules personnes à avoir des alibis irréprochables. Mais les petites cellules grises de Poirot vont mettre à mal tous les alibis, et révéler une machination diabolique. Résumé plus détaille ici
L’avis des spécialistes : “Oeuvre parfaitement maîtrisée, foisonnante de trouvailles (…) C’est l’une des plus absolues réussites de l’âge d’or christien, dont Hollywood s’est emparé tardivement mais avec bonheur.” (François Rivière) – “Sans se répandre en descriptions touristiques comme trop souvent dans les romans actuels, Agatha Christie nous charme davantage sur le Nil qu’avec le site de fouilles de «Meurtre en Mésopotamie» par exemple.” (Jean Meurtrier – critiqueslibres.com)
Extrait : “Poirot secoua la tête, perplexe. Il ramassa l’écharpe trempée et l’étala devant lui sur la table. Du doigt, il suivit le contour des brûlures et des trous. – Dites-moi, mon bon ami, demanda-t-il soudain, vous êtes beaucoup plus versé que moi dans les armes à feu. Est-ce que ce… chiffon, enroulé autour d’un revolver, en étoufferait sensiblement le bruit ? – Non. Pas comme un silencieux, par exemple. Poirot hocha la tête. - Alors, poursuivit-il, un homme – en tout cas un homme qui a l’habitude de manipuler des armes à feu – doit le savoir. Mais une femme… une femme ne le saurait pas. Race le regarda avec curiosité. – Sans doute pas, non. - C’est une idée qu’elle aurait pu trouver dans un roman policier. Les détails n’y sont pas toujours très exacts.”
Ce qu’il faut savoir sur le livre : Mort sur le Nil est également le titre d’une nouvelle du cycle Mr Parker Pyne racontant aussi un meurtre sur un bateau voguant sur le Nil. Cette nouvelle est bienplus simple que le roman.
Ce qu’en a dit Agatha Christie : “Je pense, moi-même, que le livre est un des meilleurs de la série de voyages de Poirot. Je pense que la situation centrale est intrigante et a des possibilités dramatiques, et les trois personnages, Simon, Linnet, et Jacqueline, semblent à mon avis être vrais et vivants.”
A voir : Mort sur le Nil de John Guillermin avec l’inoubliable Peter Ustinov. Bande annonce du film en vf ici et critique de L’Express ici
Un meurtre sera commis le…. (1950)
Résumé : Un matin, tous les habitants d’un petit village trouvent dans la gazette locale une annonce inhabituelle : « Un meurtre est annoncé, qui aura lieu le vendredi 29 octobre à six heures trente de l’après-midi à Little Paddocks… ». Tout le voisinage, persuadé qu’il s’agit d’une plaisanterie, se donne donc rendez-vous à Little Paddocks et attend l’heure fatidique dans la bonne humeur. À six heures trente, la lumière s’éteint, l’assassin parait, des coups de feu éclatent…
Première phrase : “Tous les matins entre 7h30 et 8h30 – sauf le dimanche – Johnnie Butt faisait à vélo la tournée du village de Chipping Cleghorn.”
Extrait : « - Nous vivons des heures dramatiques, décréta-t-elle, et le plus simple est de ne pas parler de tout ça, parce qu’on ne sait rien de la prochaine victime…Vous devez trouver, ma chère miss Blacklock, qu’il est bien indiscret de notre part d’envahir votre domicile, mais nous obéissons à une véritable mise en demeure de l’inspecteur Craddock. Vous savez qu’il n’a toujours pas trouvé Miss Marple ? Bunch est comme folle. Personne ne sait où la pauvre vieille demoiselle est allée au lieu de rentrer au presbytère. Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé ! Une si charmante personne, en possession de toutes ses facultés … – Tu ne crois pas, maman, souffla Edmund, que tu ferais mieux de te taire ? – Mais bien sûr, mon chéri ! Je n’ai d’ailleurs absolument rien à dire … »
L’avis des spécialistes : ”Un meurtre sera commis le… demeure l’un des meilleurs livres d’Agatha Christie. Il se classe sans effort dans le top 10 et il est certainement le meilleur des Marple. Roman policier ingénieusement construit, audacieusement émaillé d’indices, parfaitement rythmé, merveilleux titre du demi-siècle…” ( John Curran) – “Certes le meurtrier est connu une cinquantaine de pages avant la fin ce qui n’est pas forcément habituel dans les romans d’agatha christie mais cependant on ne s’ennuie pas en lisant les dernières pages puisqu’on apprend le cheminement de la reflxion de Miss Marple et de l’inspecteur chargé de l’enquête…” (Chip – citiqueslibres.com)
Les vacances d’Hercule Poirot (1941)
Réumé : Lorsqu’Arlena est assassinée au cours d’un bain de soleil isolé, divers indices semblent un moment désigner son mari comme coupable. Hercule Poirot, comme à son habitude, démêlera l’écheveau d’une machination compliquée, écartant une à une les fausses pistes…
Première phrase : “Lorsqu’en 1782 le capitaine Roger Angmering se fit construire une maison sur une île située au large de la baie de Leathercombe, on cria au comble de l’excentricité.”
Ce qu’il faut savoir sur le livre : Les vacances d’Hercule Poirot reçut au moment de sa sortie un accueil critique enthousiaste.
L’avis des spécialistes : “L’humour – pour ne pas dire la farce – nimbe une intrigue soigneusement agencée.” (François Rivière) – “Une astucieuse mise en scène contraint le lecteur à regarder dans la mauvaise direction alors même que, dans le roman, de nombreux indices lui montrent la vérité.” (John Curran)
A voir : Meurtre au soleil une adaptation libre de Guy Hamilton avec Peter Ustinov, Jane Birkin et Colin Blakely. L’avis des spectateurs ici
Les travaux d’Hercule (1947)
Résumé : A la retraite, Hercule Poirot décide de s’adonner à la culture des courges. Mais suite à une discussion avec un ami, il s’impose un challenge, lié à son prénom : mener douze enquêtes, sélectionnées et choisies pour leur lien avec les Douze Travaux d’Hercule. Une manière pour lui de clore sa carrière en beauté. Evidemment, le lien est on ne peut plus symbolique (voire tiré par les cheveux) : le lion de Némée devient ainsi un facétieux pékinois, et l’Hydre de Lerne une rumeur.
L’avis des spécialistes : “Un des meilleurs recueils de nouvelles de toute la fiction ciriminelle. Le concept en est aussi brillant que l’exécution.” (John Curran) – “C’est drôle, c’est brillant, on admire à la fois l’ingéniosité de l’auteur à inventer des enquêtes herculéennes (à la limites, ça pourrait presque passer pour une une contrainte oulipienne), et celle d’Hercule Poirot à débrouiller des affaires invraisemblables ou, bien évidemment, les apparences sont toujours trompeuses.” (irreguliere.over-blog.com)
Extrait
La Maison du Péril (1932)
La première phrase : “De toutes les stations balnéaires du sud de l’Angleterre, St Loo est, si vous voulez mon avis, la plus agréable.”
Ce qu’il faut savoir sur le livre : Une histoire originale qui consiste à découvrir au plus vite un assassin et de l’empêcher de commettre un crime… Encore une victoire du duo Poirot/Hastings !
L’avis des spécialistes : “La maison du péril est un magnifique spécimen de l’âge d’or du roman policier. Il est rarement cité parmi les meilleurs titres de Christie, et pourtant il incarne toutes les vertus du roman d’énigme à son apogée (…) Le secret de l’intrigue est tout simple… une fois qu’on le connaît.” (John Curran)
A.B.C. contre Poirot (1936)
L’avis des spécialistes : “Fort d’un concept extrordinairement original – une série alphabétique de meurtres et de localités, apparemment choisis au hasard – qui était exploité avec une habileté et une audace consommée, A.B.C. contre Poirot était destiné à devenir l’un des trois meilleurs tires de Christie. Et on a maintenant oublié que ce fut l’une des toutes premières versions de la fameurse idée du “serial killer”, qui almimente aujourd’hui une grande partie de la production littéraire et cinématographique” (John Curran)
A l’hôtel Bertram (1965)
L’avis des spécialistes : “Si le cadre de ce roman est typique de Christie et de Marple, nos attentes sont battues en brèche par le dénouement, où une conspiration encore plus époustouflante que celle du Crime de l’Orient-Express nous est révélée.” (John Curran)
Extrait :
Le flux et le reflux (1948)
L’avis des spécialistes : “L’intrigue de ce roman est l’in des plus complexes de l’auteur.” (John Curran) – “Agatha Christie modernise avec talent la stratégie du roman de détection en s’abandonnant aux sirènes du réalisme, ce qu’elle n’avait fait jusque-là que dans les romans signés du pseudonyme de Mary Westmacott.” (François Rivière)
L’avis des lecteurs
Extrait
Le Vallon (1946)
Ce qu’en a dit Agatha Christie : “Naturellement, on évolue le temps. Je me suis davantage intéressé, les années passant, aux préliminaires d’un crime. Les rapports entre les personnages, les ressentiments qui couvent dans les tréfonds et les insatisfactions qui ne s’extériorisent pas toujours mais qui risquent soudain de provoquer une explosion de violence.”
L’avis des spécialistes : “Le Vallon pourrait être quasiment un roman de Mary Westmacott. Il ressemble plus à un roman “tout court” qu’à un roman policier (…) Les protagonistes de ce roman sont les plus fouillés qu’elle ait dépeints jusque-là. Cinq petits cochons et Je ne suis pas coupable avaient ouvert la voie mais dans Le Vallon, son aptitude à camper les personnages atteignit son apogée au détriment, malheureusement, de l’intrigue policière.” (John Curran) – “C’est le plus long et, sans nul doute, le plus accompli des romans policiers de Christie qui, lorsqu’elle le portera à la scène en 1951, le débarassera de la personnalité encombrante de Poirot.” (François Rivière)
L’avis de Michel Houellebecq: “J’apprécie l’ambitieux personnage d’Henrietta, le sculpteur, à travers laquelle Agatha Christie avait cherché à représenter, non seulement les tourments de la création (…), mais la souffrance spécifique qui s’attache au fait d’être artiste : cette incapacité à être vraiment heureuse ou malheureuse ; à ressentir vraiment la haine, le désespoir, l’exultation ou l’amour ; cette espèce de filtre esthétique qui s’interposait, sans rémission possible, entre l’artiste et le monde”. Pour M. Houellebecq : “La romancière avait mis beaucoup d’elle-même dans ce personnage, et sa sincérité était évidente.” L’intérêt du Vallon est cependant ailleurs, dans “le subtil équilibre de désirs inassouvis entre Midge, passant ses week-ends au milieu de gens qui n’avaient pas la moindre idée de ce que représentait un travail, et Edward qui, lui, se considérait comme un raté : il n’avait jamais rien pu faire de sa vie, même pas devenir écrivain (…) Edward comprenait enfin qu’Henrietta ne pourrait jamais vouloir de lui, qu’il n’était décidément pas à la hauteur de John ; pour autant il ne parvenait pas à se rapprocher de Midge, et sa vie semblait définitivement gâchée. C’est à partir de ce moment que Le vallon devenait un livre émouvant, et étrange ; on était comme devant des eaux profondes, et qui bougent. Dans la scène où Midge sauvait Edward du suicide, et où il lui proposait de l’épouser, Agatha Christie avait atteint quelque chose de très beau, une sorte d’émerveillement à la Dickens.” Hors-série de Lire Spécial Agatha Christie
La maison biscornue (1949)
Résumé
L’avis des spécialistes : “La Maison biscornue offre l’un des meilleurs dénouements chocs d’Agatha Chrisite. Tellement choquant, jugea-t-on à l’époque, que Collins [l'éditeur d'Agatha Christie] voulut lui faire changer la fin, ce qu’elle refusa.” (John Curran) – “Roman très retors et très cruel, l’un des favoris de son auteur (…)” (François Rivière)
Quand les moyens réservent de très, très bonnes surprises
Le crime de l’Orient-Express (1934)
Genre spécifique : huis clos
Résumé : Dans un wagon de l’Orient-Express bloqué par les neiges yougoslaves, on découvre le cadavre d’un Américain tué de douze coups de couteau. L’assassin n’a pu venir de l’extérieur. Un meurtre incompréhensible, à moins qu’on ne puisse établir que tous les voyageurs sont moins étrangers les uns aux autres qu’ils ne veulent bien le prétendre…
Extrait : “Vous semblez ne pas comprendre, monsieur. J’ai admirablement réussi dans ma carrière et je possède de quoi satisfaire mes besoins et mes caprices. Je me charge seulement de mes affaires… que j’estime intéressantes.”
Ce qu’il faut savoir sur le livre : Le crime de l’Orient Express témoigne de la fascination d’Agtha Christie pour ce train légendaire mais aussi de son intérêt pour un fait divers dont le roman s’inspire, survenu deux ans avant sa parution : l’enlèvement et le meurtre du fils aîné des Lindbergh. Reconnu coupable et exécuté en 1936, Bruno Hauptmann a toujours clamé son innocence et sa culpabilité fait encore aujourd’hui l’objet d’interrogations. De façon plus légère, la petite histoire veut que Le Crime de l’Orient-Express ait été écrit par Agatha Christie au Pera Palas, un grand hôtel d’Istanbul accueillant les voyageurs de l’Orient-Express.
L’avis des spécialistes : “La critique se montra particulièrement élogieuse à la sortie du livre, devenu par la suite l’un des fleurons de l’oeuvre d’Agatha Christie.” (François Rivière)
L’avis des lecteurs : “Les indices ne manque pas et on peut même essayer de mener l’enquête nous-même ! A lire absolument !!!” – “Ce livre est bien mais ca n’est pas le meillieur de ses livres” – “A la fin tout parait evident” – “Comment croire que ce stupide livre ait eu un succès phénoménal ?” – “Fin prévisible (…) Ce roman est plutôt une histoire d’aventures pour ados qu’un roman policier destiné à un public adulte.” Tous les avis ici
Critique très détaillée de fan à lire ici
A voir : Le Crime de l’Orient-Express, l’adaption cinématographique de Sidney Lumet, une des meilleures faites à partir de l’œuvre de la romancière (wikipedia). Albert Finney y incarne un Poirot particulièrement convaincant. Un extrait ici
La mystérieuse affaire de Styles (1920)
Première phrase : “Le vif intérêt que suscita dans le public ce qu’on appela à l’époque, “L’affaire de Styles”, est aujourd’hui quelque peu retombé.”
Ce qu’il faut savoir sur le livre : le premier roman d’Agatha Christie.
L’avis des spécialistes : “On se demande comment plusieurs éditeurs ont pu refuser le manuscrit de ce livre à l’intrigue très habile.” (François Rivière) – “Il est parfois bien difficile de garder ses convictions. Ses convictions de lecteur de romans policiers s’entend. Des convictions durement acquises à la suite de lectures pénibles et laborieuses. Nous croyions avoir établi que deux des règles les plus fondamentales du roman policier étaient que les personnages trop suspects ne pouvaient pas être coupables et, qu’au contraire, les coupables devaient être des individus relativement insoupçonnables, comme en particulier chez Earl Derr Biggers. Dans La mystérieuse affaire de Styles, la deuxième règle est bien respectée, mais pas la première.” (Jean Pelletier)
Poirot quitte la scène (1975)
L’avis des spécialistes : “Il se dégage de ce roman une athmosphère particulièrement lugubre.” (François Rivière)
Première phrase : “Qui n’a jamais été saisi d’un soudain pincement au coeur lorsqu’il est amené à revivre une situation ancienne ou à ressentir une émotion autrefois éprouvée ?”
* L’Homme au complet marron (1924)
L’avis des spécialistes : “Histoire échevelée où il est question de meurtres, de bijoux volés, d’une génie du crime, de mystérieux messages et de fusillades, c’est une oeuvre d’apprentissage avant que Christie ne trouve sa véritable voie d ‘auteur de romans policiers. Le livre n’en est pas moins extrêmement agréable à lire et offre une dénouement-surprise. C’est pourquoi il s’agit d’un chapitre fort important de l’oeuvre christienne : il annonce, avec deux ans d’avance, son tour de passe-passe le plus étonnant, et il le fait avec beaucoup de subtilité et d”ingéniosité. Il adopte également la technique des narrations multiples qu’elle reprendra, sous diverses formes, dans des romans aussi différents que A.B.C. contre Poirot, Cinq petits cochons et Le cheval pâle.” (John Curran)
Ce qu’il faut savoir sur le livre : L’héroïne de ce livre, Anne Beddingfield, est une jeune femme romantique, fille d’archéologue, qui ressemble beaucoup à Agatha Christie.
La mort n’est pas une fin (1945)
L’avis des spécialistes : “Si on considère purement [La Mort n'est pas une fin] comme un roman policier classique, ce livre ne répond pas au principal critère : il n’offre pas au lecteur d’indices à repérer et à interpréter pour lui permettre d’arriver à une solution logique. En revanche, vu comme un whodunit nerveux et agréable à lire, il passe le test haut la main. Et, comme peinture d’une famille qui ne sait pas trop à qui se fier au sein du cercle de ces intimes, il est totalement crédible (…) Même si ce n’est pas un Christie exceptionnel, il n’en demeure pas moins une réussite majeure.” (John Curran) – “L’héroîne s’y révèle psychologiquement très proche de la romancière qui profite de ce masque antique pour livrer au lecteur un certain nombre de réflexions passionnantes sur la vie, la mort et les turpitudes familiales.” (François Rivière)
Les pendules
N ou M ? (1941)
Pension Vanilos
Cartes sur table
Jeux de glace
Le train de 16h50
Les spécialistes
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John Curran
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François Rivière
A lire également http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2010/11/23/challenge-agatha-christie-humm/








