La rétrospective sociale de Rue 89
Parmi les articles les plus lus de Rue89 en 2011, la vie dans – et hors de l’entreprise occupe une place de choix. Impression dominante ? La critique tourne à la crise de nerf et la contestation cède la place au désespoir, à moins que ce ne ne soient les deux à la fois…
Un patron énervé face aux jeunes demandeurs d’emploi
Sur Rue89, l’année 2011 démarre fort avec le témoignage (anonyme et très peu politiquement correct) d’une responsable d’entreprise sur l’absence de réalisme des jeunes demandeurs d’emploi. Dans cette “Lettre ouverte d’une crevure néolibérale aux jeunes chômeurs“, Camille A. (consultante à la tête d’une web agency) raconte l’histoire d’un candidat à l’embauche : Giuseppe, 20 ans, diplômé en Infocom et prêt à accepter un “contrat pro” si celui-ci lui permet d’être “chef de projet” plutôt qu’exécutant. S’appuyant sur cet exemple, Camille A. donne quelques conseils aux jeunes diplômés sans emploi : “Tu ne sais rien, et même si tu sais, doute un peu : ça pourrait te faire du bien”, “Surprends-nous et montre-nous qu’on a raison de ne pas jeter ton mail”, “Mets le pied dans la porte et propose du concret” et, surtout, ”Arrête de raler”. C’est à lire ici.
La “Lettre ouverte d’une crevure néolibérale” suscite plus de mille commentaires et une longue réaction de Ophélie Latil, porte-parole de Génération Précaire : “Une précaire prétentieuse répond à la « crevure néolibérale »“. Pour l’auteur, si les jeunes candidats donnent parfois le sentiment d’être prétentieux, c’est parce qu’ils sont “gonflés à bloc” par leurs enseignants. Surtout, comment en vouloir à un jeune qu’il ne comprenne pas “qu’après avoir été, lors d’un stage, manager de cinq personnes et chef de projet payé 400 euros, on ne veuille pas même lui refiler un CDD pour la même chose” ? Histoire de rassurer tous ceux qui “galèrent”, Ophélie Latil rappelle que la génération précédante a eu beaucoup plus de chance, que les entreprises ont des exigences contradictoires et ne prennent quasiment jamais la peine de répondre aux candidatures ou encore que les jeunes sont, effectivement, trop naïfs… C’est à lire ici.
Quand l’arbitraire règne dans l’entreprise
C’est l’histoire d’une erreur colossale…
En cours de rédaction